Hommage au Contre-amiral Sacaze

11 novembre 2017 hommage au Contre-amiral Sacaze
Dans le cadre du parrainage du sous-marin Casabianca par la ville de Moulins, un hommage a été rendu au Contre-amiral Sacaze, premier commandant du Casabianca de la seconde guerre mondiale. Une délégation de marins a présenté ses armes lors d'une cérémonie au cimetière de Bressolles ce 11 novembre.
 
Discours sur la tombe de l’amiral Sacaze à Bressolles
 
Le sous-marin de 1500 tonnes Casabianca a eu trois commandants au cours de la seconde guerre mondiale : Sacaze, l’Herminier et Bellet. Le capitaine de corvette Sacaze le commande du 4 novembre 1939 au 25 octobre 1941. Au cours de ces deux années, il effectue trois missions importantes :
-  Tout d’abord l’escorte du convoi HX11 composé de 45 cargos, de Halifax jusqu’en Grande-Bretagne. Le Casabianca reçoit pour cela une lettre de félicitations collective.
-  Puis il se retrouve basé en Ecosse. Sa mission est de patrouiller devant les fjords norvégiens pour couler tous les navires allemands. Le 14 mai 1940, il détecte un convoi, mais trop loin, hors de portée torpille. Il fait le choix risqué de transmettre un message aux alliés pour permettre aux avions de faire un raid : il sera fait avec le succès de trois navires coulés. Mais, à cause de cette transmission, il est contre-détecté et, pour échapper aux allemands, il va se réfugier dans les bancs de sable du Jutland. L’équipage passe 45 heures en plongée sans régénération de l’atmosphère. Le Casabianca obtient ainsi sa première citation à l’ordre de l’armée de mer, le fanion est décoré de la croix de guerre avec palme.
-  Enfin, il effectue plusieurs escortes de navires français entre les ports africains.
 
Fin 1941, le Casabianca rentre à Toulon pour une période d’entretien. La suite de l’histoire appartient au commandant l’Herminier avec le refus du sabordage de la flotte et l’évasion du port de Toulon, devenant ainsi l’événement emblématique de notre force sous-marine, le symbole de notre identité et de notre état d’esprit. Ce refus d’arrêter le combat, de capituler, de se saborder, c’est cela l’esprit du Casabianca. Ne pas baisser les bras, ne pas vivre à genou, se battre jusqu’au bout, c’est cela l’esprit du Casabianca.
 
Ce que l’histoire dit moins, c’est que l’Herminier n’est pas à l’origine de la décision de cette évasion. C’est son équipage qui est venu le convaincre qu’il fallait continuer à se battre, et à se battre avec le Casabianca. Cet esprit collectif héroïque ne vient pas spontanément : il se prépare, il s’éduque. Amiral, si votre équipage s’est évadé le 27 novembre 1942, c’est parce que vous avez su leur transmettre vos valeurs de courage, de combativité et de fierté tout au long de votre commandement. Alors je vous remercie d’avoir fait de vos hommes des héros et, bien au-delà encore, d’avoir insufflé cet état d’esprit aux forces sous-marines françaises toutes entières. Sachez qu’il perdure encore, à bord du Casabianca comme à bord des autres sous-marins. Pour cela, merci Amiral.
 
Le capitaine de frégate Alexandre TACHON